Est-ce vrai que le café est mauvais pour le coeur ?

dimanche 3 octobre 2010
par  Dr Phil
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C’est probablement FAUX, en tout cas chez les femmes, mais le sujet n’est pas totalement tranché

Le café, excitant bien connu, qui peut accélérer le rythme cardiaque quand on en abuse, est souvent considéré comme "mauvais pour le coeur", mais cette notion fait l’objet de débats contradictoires au sein de la communauté scientifique : certaines études concluent à la nocivité cardiovasculaire du café, d’autre à l’absence d’action et d’autres encore à un effet bénéfique !

C’est que la démonstration de l’innocuité ou de la nocivité cardiovasculaire d’une substance n’est pas facile à établir scientifiquement. Les maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire). évoluant sur de nombreuses années, il faudrait des études très longues - et coûteuses - pour identifier un écart entre consommateurs ou non de café. Quant à simplement interroger les cardiaques sur leur consommation de café, cette démarche n’offre aucune garantie : on sait par exemple que les fumeurs sont également de gros consommateurs de café. On pourrait ainsi accuser le café de causer une maladie, et en fait c’est peut être le tabac...
Reste également à définir un seuil de consommation où on cherchera un risque pour la santé : 1 tasse par jour, 10 tasses par jour ? Expresso, filtre, déca ?

L’affaire se complique encore quand on sait que le café peut faire baisser l’uricémie, elle même facteur de risque cardiovasculaire. Il aurait également des propriétés antioxydantes bénéfiques et pourrait protéger contre le diabète , gros pourvoyeur de maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire).  !

Et ça n’est pas tout… le métabolisme s’en mêle également ! La caféine est métabolisée par un système enzymatique appelé "cytochrome" (dans le cas de la caféine le Cytochrome P450 1A2 ou CYP1A2). Certaines personnes ont génétiquement un système de métabolisation "lent" de la caféine (environ 50% des caucasiens), ce qui pourrait les exposer à des effets renforcés, sur la tension artérielle notamment.

Pourtant, le débat est d’importance car on sait que les facteurs nutritionnels peuvent avoir un impact sur les maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire). . Il est donc logique de mener des études sur le café, une des substances à effet pharmacologique les plus consommées dans le monde.

Bref, une fois encore laissons parler la science et les études épidémiologiques.

Concernant l’impact du café sur le coeur et les maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire). , que sait-on ?

• Il n’entraîne pas de risque de trouble du rythme.

• A dose inférieure à 10 tasses par jour il semble n’entraîner aucun risque de décès cardiovasculaire, même chez les cardiaques (personnes souffrant de maladie coronarienne).

• Il semble ne pas avoir d’impact sur le risque d’accident vasculaire cérébral accident vasculaire cérébral Un accident vasculaire cérébral (AVC) (parfois appelé "attaque cérébrale"), est un déficit neurologique soudain, voire brutal, d’origine vasculaire causé par un infarctus (ischémie) ou une hémorragie au niveau du cerveau. , du moins chez les personnes n’ayant pas d’hypertension.

• Selon son type de préparation (filtré, bouilli) il peut ou non augmenter le taux de cholestérol Cholestérol Lipide (substance grasse) produit par la foie, indispensable au bon fonctionnement de notre organisme et de nos cellules, mais dont l’excès dans le sang ou dans la paroi des artère peut entraîner des maladies cardiovasculaires. .

• La consommation de café semble n’avoir qu’un faible impact sur le risque de développer une hypertension artérielle, sauf peut être chez des personnes ayant déjà une tension élevée.

Par ailleurs, le café augmente le taux sanguin d’Homocystéine, substance elle-même associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire). . Mais il n’a pas été démontré de façon claire que l’augmentation de l’Homocystéine par le café, augmentait le risque cardiovasculaire....

Des scientifiques hollandais ont entrepris une étude, en utilisant les données d’une "cohorte" (la "Rotterdam Coronary Calcification Study"). Ils ont étudié les résultats d’un scanner EBT, évaluant la calcification des artères cardiaques, chez 1570 personnes en fonction de la consommation de café. Bien entendu, ils ont tenu compte dans la comparaison d’autres données comme la consommation de tabac, de thé, l’âge, le poids, etc.

Les auteurs concluent qu’une consommation quotidienne de 3 à 4 tasses de café protège des maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire). (calcifications des artères coronaires).

Les hommes et les femmes semblent ne pas réagir de la même façon : toutes les femmes sont protégées, qu’elles soient fumeuses ou non, alors que seuls les hommes fumeurs seraient protégés (des consommations de plus de 4 tasses par jour seraient même nocives chez les hommes non fumeurs).

Au total, une consommation normale de café ne semble donc pas constituer un risque en matière de maladies cardiovasculaires maladies cardiovasculaires Maladies qui concernent le cœur et les vaisseaux. Exemples : infarctus du myocarde, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, troubles du rythme cardiaque, anévrisme, maladie thrombo-embolique, mort subite (trouble du rythme cardiaque entraînant un arrêt cardio-circulatoire). , même si nous ne semblons pas tous réagir de la même façon.


Niveau de certitude : MOYEN

Quelques sources :

van Woudenbergh GJ, Vliegenthart R, van Rooij FJ, Hofman A, Oudkerk M, Witteman JC, Geleijnse JM. Coffee consumption and coronary calcification : the Rotterdam Coronary Calcification Study. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 2008 May ;28(5):1018-23.

Higdon JV, Frei B. Coffee and health : a review of recent human research. Crit Rev Food Sci Nutr. 2006 ;46(2):101-23.

Palatini P, Ceolotto G, Ragazzo F, et al. CYP1A2 genotype modifies the association between coffee intake and the risk of hypertension. Journal of hypertension. 2009 ;27(8):1594-1601.


Commentaires

jeudi 24 février 2011 à 13h32

Article très bien fait et pour une fois documenté et pas basé sur des "on dit" "j’ai entendu que" etc. Bravo.

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