Est-ce vrai que le faux sucre permet de perdre du poids ?

vendredi 5 septembre 2014
par  Dr Phil
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Réponse : c’est partiellement vrai. Le faux sucre n’a en lui-même pas d’effet favorable sur le poids. Mais, si vous remplacez votre consommation habituelle de boissons sucrées par du "light", cela pourrait aider à réguler le poids. Hélas l’effet sera - au mieux - modeste car il peut y avoir des phénomènes de compensation. Et boire de l’eau marche aussi bien.

On observe ces dernières années une véritable "épidémie" d’obésité obésité L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 chez l’adulte. On parle d’obésité "morbide" quand l’IMC est supérieur à 40.
L’IMC est un indice mondialement reconnu, qui se calcule en divisant le poids corporel en Kg par la taille (en mètres) au carré. Quand un médecin parle de surpoids ou d’obésité ça n’est donc pas au "jugé" ou sur des critères morphologiques, mais sur cet indice. Cependant, l’IMC ne reflète pas bien la masse grasse et notamment la graisse qu’on considère comme potentiellement dangereuse : celle du "ventre". Il faut donc également estimer cette graisse en mesurant le tour de taille et en calculant le rapport taille/hanche.
dans les pays industrialisés. De nombreux facteurs contribuent à l’excès de poids, l’obésité obésité L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 chez l’adulte. On parle d’obésité "morbide" quand l’IMC est supérieur à 40.
L’IMC est un indice mondialement reconnu, qui se calcule en divisant le poids corporel en Kg par la taille (en mètres) au carré. Quand un médecin parle de surpoids ou d’obésité ça n’est donc pas au "jugé" ou sur des critères morphologiques, mais sur cet indice. Cependant, l’IMC ne reflète pas bien la masse grasse et notamment la graisse qu’on considère comme potentiellement dangereuse : celle du "ventre". Il faut donc également estimer cette graisse en mesurant le tour de taille et en calculant le rapport taille/hanche.
étant ce qu’on appelle une maladie "multifactorielle" : hérédité, sédentarité, alimentation déséquilibrée,…

Parmi les facteurs alimentaires, la consommation régulière de boissons et aliments industriels sucrés (sodas, yaourts,…) peut contribuer au surpoids et à l’obésité obésité L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 chez l’adulte. On parle d’obésité "morbide" quand l’IMC est supérieur à 40.
L’IMC est un indice mondialement reconnu, qui se calcule en divisant le poids corporel en Kg par la taille (en mètres) au carré. Quand un médecin parle de surpoids ou d’obésité ça n’est donc pas au "jugé" ou sur des critères morphologiques, mais sur cet indice. Cependant, l’IMC ne reflète pas bien la masse grasse et notamment la graisse qu’on considère comme potentiellement dangereuse : celle du "ventre". Il faut donc également estimer cette graisse en mesurant le tour de taille et en calculant le rapport taille/hanche.
. Certains soda contiennent jusqu’à 30 grammes de sucre dans une canette de 33 cL, soit l’équivalent de 6 morceaux de sucre, ce qui représente 120 kilocalories. De plus, ces calories sont dites "vides" car elles n’ont aucun intérêt nutritionnel (elles n’apportent ni fibres, ni vitamines, ni nutriments essentiels).

Pour limiter cet excès calorique, les industriels proposent donc des produits sucrés avec des "édulcorants". Un édulcorant possède un goût sucré beaucoup plus intense que le sucre classique (saccharose) ce qui permet de n’en mettre que des quantités très faibles, apportant donc peu ou pas de calories pour une sensation sucrée équivalente. On retrouve dans ces boissons et aliments de l’aspartame, de sucralose, de la stévia, etc.

Mais est-ce que ça marche ? En d’autres termes, est-ce qu’en consommant ce type de boissons on est assuré de ne pas grossir ou bien est-ce qu’en remplaçant son cola classique par du "light" on peut perdre du poids ?

La question mérite d’être posée, car la consommation de boissons "light" progresse en même temps que l’obésité obésité L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 chez l’adulte. On parle d’obésité "morbide" quand l’IMC est supérieur à 40.
L’IMC est un indice mondialement reconnu, qui se calcule en divisant le poids corporel en Kg par la taille (en mètres) au carré. Quand un médecin parle de surpoids ou d’obésité ça n’est donc pas au "jugé" ou sur des critères morphologiques, mais sur cet indice. Cependant, l’IMC ne reflète pas bien la masse grasse et notamment la graisse qu’on considère comme potentiellement dangereuse : celle du "ventre". Il faut donc également estimer cette graisse en mesurant le tour de taille et en calculant le rapport taille/hanche.
(cause, coïncidence ou conséquence ?) et on peut imaginer plusieurs mécanismes qui pourraient annuler les effets du faux sucre, voire en faire un facteur de prise de poids (Mattes RD, 2009) :

  • Stimulation des sécrétion gastriques : quand l’aliment est dans la bouche mais n’a pas encore atteint l’estomac, il entraîne des sécrétion hormonales, les édulcorants pourraient donc interférer avec les sensations de faim et de satiété.
  • Effet osmotique différent : les édulcorants ont un plus faible pouvoir osmotique et calorique que le sucre classique, ce qui pourrait altérer certains mécanismes de la digestion (tels que la vidange gastrique) et modifier les sensations de satiété.
  • Réponse hormonale digestive : les nutriments entraînent la libération par l’intestin de substances qui régularisent l’appétit. Les édulcorants modifient peut être cette réponse ?
  • Palatabilité : les édulcorants augmentent la "palatabilité" d’un aliment (terme qui désigne l’ensemble des caractéristiques agréables d’un aliment). La palatabilité agit sur les sensations de faim et peut augmenter la quantité consommée.
  • Sur-compensation : l’importante économie de calories que le consommateur imagine faire avec les édulcorants pourrait le rendre plus indulgent sur la suite du repas, voire le conduire à "sur-compenser" en mangeant beaucoup plus. En d’autres termes, après avoir pris un grand soda light, se sentant moins coupable, le client du fast-food ne va-t-il pas s’autoriser un double-chease burger plutôt qu’une salade ?
  • Modification de la régulation de notre métabolisme : si la sensation de sucré ne conduit pas notre organisme à la prise d’énergie escomptée , un phénomène d’adaptation pourrait augmenter le besoin de sucre.
  • Activation du système de récompense : les aliments avec édulcorants ont un goût très sucré, classiquement déclencheur de plaisir grâce à notre système cérébral de récompense. L’alimentation pourrait donc voir son rôle de "récompense" renforcé par l’excès de goût sucré, au détriment d’autres activités (sport, etc.).
  • Accoutumance au goût sucré : la consommation régulière de boissons et aliments au goût très sucré ne pourrait-elle pas entretenir notre appétence au sucre, et donc favoriser notre consommation également d’aliments contenant du vrai sucre ?
  • Boire plus ferait manger plus : une grande partie des édulcorants est consommée sous forme de boissons. Or, il semble exister un lien entre la consommation de liquide et celle d’aliments : les animaux réduisent leur consommations d’aliment quand on leur restreint l’accès à l’eau (Strominger JL, 1947), ceci a été également observé chez les humains (Engell D, 1988).

En résumé, est-ce que notre organisme peut se laisser berner par cette sensation sucrée et réduire ainsi sa consommation de calories, ou bien au contraire va-t-il nous conduire à compenser en mangeant d’avantage ?

Richard D Mattes and Barry M Popkin ont analysé chacune de ces hypothèses à travers une revue de la littérature et des preuves cliniques disponibles (Mattes RD, 2009). Leur conclusion est qu’il n’y a pas de preuve formelle que ces mécanismes peuvent annuler ou amoindrir l’économie de calories que représente une boisson light. Il existe néanmoins un effet de compensation partielle qui fait que si on remplace des calories de vrai sucre par du faux, on aura tendance à augmenter ses apports caloriques par d’autres sources.

Gardner C et collaborateurs ont réalisé en 2012 une revue des études publiées sur les effets des édulcorants (Gardner C, 2012), afin de définir la position de l’American Heart Association et de l’American Diabetes Association. Leurs conclusions sont pour le moins mitigées : "La revue des preuves disponibles suggère que, quand ils sont utilisés à bon escient, les édulcorants pourraient faciliter la réduction de consommation des sucres ajoutés, diminuant ainsi l’apport calorique et faciliter la perte ou le contrôle de poids et les bénéfices métaboliques associés. Néanmoins, ces bénéfices potentiels ne seront que partiels s’il y a une compensation par des apports énergétiques d’autres sources".

Piernas C et coll. ont publié en 2013 les résultats d’une étude prospective randomisée comparant les effets sur 6 mois de trois stratégies pour remplacer les boissons sucrées : il a été demandé aux participants, par tirage au sort, de remplacer au moins 2 boissons caloriques (au moins 200 kcal) chaque jour par soit une boisson "light" (un choix de sodas et boissons plates était proposé)(n=105 participants), soit de l’eau (plate ou gazeuse) (n=108), soit rien (n=105). Les participants bénéficiaient de sessions éducatives pour qu’ils respectent bien la substitution et évitent de compenser avec d’autres aliments. Puis les auteurs ont observé l’évolution des consommations alimentaires des participants. Le résultat montre que tant les boissons lights que l’eau sont associées à une amélioration des comportements alimentaires : on constate une réduction du nombre de calories consommées d’environ 500 kcal. par jour dans les deux groupes. La modification des comportements a été un peu différente dans les deux groupes : les consommateurs de boissons lights ont davantage diminué leur consommation de désserts et les consommateurs d’eau ont davantage augmenté leur consommation de fruits et légumes. Cette intéressante étude est la première à étudier aussi rigoureusement ces phénomènes.

Paige Miller et Vanessa Perez ont publié en 2014 dans l’American Journal of Clinical Nutrition une revue de l’ensemble des études prospectives concernant l’utilisation des édulcorants sous forme de boissons, d’aliments ou de "sucrettes". Les auteurs concluent que, si les 9 études observationnelles ne montrent pas d’effet positifs des édulcorants (voire un léger effet de prise de poids), les 15 études contrôlées randomisées montrent que la substitution de plats et boissons sucrées par leur équivalent édulcoré conduit à une modeste perte de poids.

Que conclure ?
Le faux sucre en lui même ne permet pas de perdre du poids. Mais, si il est utilisé en remplacement d’une trop forte consommation de produits sucrés, il semble pouvoir aider à diminuer -modestement - les apports caloriques, même si une partie sera compensée par des prises alimentaires supplémentaires. Mais remplacer les boissons sucrées par de l’eau fait aussi bien, voire mieux !
Le mieux est d’éviter les boissons "sucrées" et de consommer avec modération tous les produits contenant du sucre ajouté qui peuvent entraîner surpoids et obésité obésité L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 chez l’adulte. On parle d’obésité "morbide" quand l’IMC est supérieur à 40.
L’IMC est un indice mondialement reconnu, qui se calcule en divisant le poids corporel en Kg par la taille (en mètres) au carré. Quand un médecin parle de surpoids ou d’obésité ça n’est donc pas au "jugé" ou sur des critères morphologiques, mais sur cet indice. Cependant, l’IMC ne reflète pas bien la masse grasse et notamment la graisse qu’on considère comme potentiellement dangereuse : celle du "ventre". Il faut donc également estimer cette graisse en mesurant le tour de taille et en calculant le rapport taille/hanche.
. Mais si vous ne pouvez pas vous en passer, alors le "light" est une option.


Niveau de preuve : moyen

Sources :
Mattes RD, Popkin BM. Nonnutritive sweetener consumption in humans : effects on appetite and food intake and their putative mechanisms. Am J Clin Nutr. 2009 ;89:1–14.

Strominger JL. The relation between water intake and food intake in normal rats with hypothalamic hyperphagia. Yale J Biol Med 1947 ;19:3.

Engell D. Interdependency of food and water intake in humans. Appetite 1988 ;10:133–41.

Gardner C, Wylie-Rosett J, Gidding SS, et al. Nonnutritive sweeteners : Current use and health perspectives. A scientific statement from the American Heart Association and the American Diabetes Association. Circulation 2012 ; 126:509-519. Diabetes Care 2012 ; DOI:10.2337/dc12-9002.

Miller PE, Perez V. Low-calorie sweeteners and body weight and composition : a meta-analysis of randomized controlled trials and prospective cohort studies. Am J Clin Nutr. 2014 Sep ;100(3):765-77.

Piernas C, Tate DF, Wang X, Popkin BM. Does diet-beverage intake affect dietary consumption patterns ? Results from the Choose Healthy Options Consciously Everyday (CHOICE) randomized clinical trial. Am J Clin Nutr. 2013 Mar ;97(3):604-11.


Commentaires

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lundi 7 décembre 2015 à 23h30 - par  Dr Phil

Bonjour, merci de votre message. L’étude que vous citez ne concerne qu’un tout petit nombre de patients, essentiellement des femmes obèses afro-américaines ne consommant jamais de faux sucre, l’étude est donc très limitée et porte sur une population spécifique. Les auteurs eux-mêmes admettent ces limites et le fait qu’il faudrait d’autres recherches pour mieux évaluer les potentiels effets métaboliques des édulcorants intenses et les possibles conséquences cliniques. Il faut donc ne pas trop conclure d’une seule publication.
Alors, je ne me risquerai pas à faire comme vous ces enchaînements de conclusions, qui me font un peu penser à la logique "marabout - bout de ficelle - selle de cheval ", etc. Car si le marabout n’est pas exact, alors le reste non plus.
Ceci n’empêche pas que les faux sucres aient un effet métabolique, pas totalement avéré et élucidé il me semble (le microbiote ?), donc affaire à suivre.

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lundi 7 décembre 2015 à 22h34 - par  lolo

Je rajouterais une petite chose.

Le sucre induit la sécrétion d’insuline. L’insuline permet le stockage du sucre et des graisses d’où une prise de poids avec le sucre.
Les édulcorants n’induisant pas la sécrétion d’insuline, lors d’un repas (théorique) sans sucre et juste des édulcorants, les graisses du repas ne seront pas stockées. A partir de ça on peut expliquer une partie de la perte de poids.

Mais, l’utilisation d’édulcorant perturberait par la suite la réponse sucre/insuline par la suite (Pepino et coll., 2013 - Sucralose Affects Glycemic and Hormonal Responses to an Oral Glucose Load. Diabetes Care). Comme si après l’utilisation de ce faux sucres, le système ne savait plus comment gérer correctement la réponse au vrai sucre. Et donc la consommation de sucre entrainerai une mauvaise réponse insulinique et donc un sur-stockage de sucre et de graisse d’où au final une prise de poids.

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