Est-ce vrai que le jus de Cranberry peut prévenir les cystites ?

mercredi 4 octobre 2017
par  Dr Phil
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Réponse : probablement FAUX, quand on analyse l’ensemble des résultats d’études, on retrouve une tendance favorable, mais pas d’efficacité significative de la cranberry pour prévenir les infections urinaires. Cependant c’est probablement VRAI chez certaines personnes, et si le jus est pris très régulièrement.

La canneberge, variété d’airelle rouge d’Amérique du Nord généralement appelée sous son nom anglais cranberry, est utilisée sous forme de jus depuis longtemps pour son bon goût acidulé et âcre.

On lui prête la vertu de prévenir les infections urinaires telles que les cystites et sa consommation est traditionnellement recommandée, sous forme de jus ou de compléments alimentaires vendus dans le commerce et en pharmacies, chez les personnes sensibles à ces infections.

Il semble que la canneberge américaine contienne un composé, le proanthocyanidine de type A, qui aurait la propriété de limiter l’adhésion des bactéries à la paroi de la vessie, empêchant ainsi qu’elles ne colonisent notre système urinaire et favorisant leur élimination naturelle avec l’urine. Une consommation importante (500 mL/jour de jus reconstitué) a montré dans l’analyse de l’urine de 12 femmes volontaires une diminution de l’adhésion aux cellules épithéliales d’une souche potentiellement pathogène d’Escherichia coli (1).

Une autre étude,en double aveugle, randomisée, versus placebo, chez 10 homme et 10 femmes a montré une relation effet-dose : de plus grandes consommation étaient associées à une plus grande diminution du pouvoir d’adhésion de souche d’Escherichia coli in vitro.

Nous avons là un excellent candidat pour une médecine préventive naturelle :
• une origine 100% naturelle
• une utilisation traditionnelle depuis des décennies et pas d’effet secondaire dangereux connu
• un mécanisme potentiel, observé in vitro, qui pourrait expliquer ses vertus.

Les compléments alimentaires à visée urinaire à base de canneberge ont donc fleuri ces dernières années, ainsi que les publications scientifiques sur le sujet.

Aujourd’hui, que peut-on conclure de l’efficacité de la canneberge pour prévenir les cystites : résiste-t-elle à une analyse statistique ?

On compte plus de 40 études cliniques sur le sujet, de valeurs très inégales et dont les conclusions sont discordantes : certaines établissent un effet préventif de la consommation de jus de canneberge sur les infections urinaires (généralement sur une population de personnes ayant tendance à faire des infections à répétition), d’autres ne constatent aucun effet.

Une revue Cochrane Cochrane La Collaboration Cochrane est un réseau international de plus de 28 000 personnes de plus de 100 pays. Elles travaillent ensemble pour aider les acteurs de santé, les décideurs, les patients et leurs soignants, à prendre des décisions éclairées sur les soins de santé, en préparant, mettant à jour, diffusant des revues Cochrane, publiées en ligne dans le Cochrane Database of Systematic Reviews, une division de la Cochrane Library. de 2008 (3), faisant l’analyse de 10 études cliniques, concluait à un possible effet préventif de la prise de jus de canneberge sur le nombre d’infections urinaires, particulièrement chez les femmes ayant des infections récidivantes.

Cependant, une nouvelle analyse effectuée en 2012 (4), portant à 24 le nombre d’essais cliniques analysés et à 4473 le nombre de sujets étudiés, montre que l’efficacité est probablement moindre, voire nulle.
Si la première analyse avait montré un petit effet positif dans de petites études cliniques, la deuxième analyse, incluant des études plus larges ne révèle plus aucun effet significatif de la prise de canneberge sur les infections urinaires.

Ainsi, comparé au placebo, à l’eau ou à l’absence de traitement, la canneberge n’a pas réduit la fréquence des infections urinaires. Il y avait une tendance en faveur de la canneberge, mais celle-ci n’était pas significative, quel que soit le groupe de personnes étudié :
• femmes souffrant d’infections urinaires récidivantes (RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
0,74, IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,42 à 1,31)
• personnes âgées (RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
0,75, IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,39 à 1,44)
• femmes enceintes (RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
1,04, IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,97 à 1,17)
• enfants souffrant d’infections urinaires récidivantes (RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
0,48, IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,19 à 1,22)
• patients cancéreux (RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
1,15, IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,75 à 1,77)
• personnes avec vessie neurologiques ou lésion de la moelle épinière (RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
0,95, IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,75 à 1,20).

RR risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.
= risque relatif risque relatif Le risque relatif (RR) ou hazard ratio (HR) est une mesure statistique qui compare le risque de survenue d’une maladie (ou autre événement) entre deux groupes différents, par exemples exposés ou non à un facteur de risque ou à un médicament.
Un RR inférieur à 1 indique une diminution du risque (0,8 signifie -20%)
Un RR supérieur à 1 indique une augmentation du risque (1,3 signifie + 30%)

Par exemple l’exposition régulière aux UV solaires est associée à un RR de 0,88 (IC95% = 0,82-0,96) de cancer du côlon, soit une diminution de 12 %.

A ne pas confondre avec le risque absolu ou l’odds ratio.

IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. = intervalle de confiance IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. à 95 %

En 2016, Juthani-Mehta M et coll.(6) ont publié dans le « Journal of American Medical Association » (JAMA) les résultats de leur étude chez des femmes âgées. 92 femmes âgées (86 ans en moyenne) vivant en institution ont pris chaque jour, pendant un an, 2 gélules de 36 mg de canneberge (soit l’équivalent de 500 mL de jus) et on a comparé l’efficacité à celle des même gélules, mais placebo cette fois, administrées à 93 femmes. Au final, aucune différence significative n’a été constatée entre le groupe traité et le groupe placebo sur le nombre d’infections urinaires et la présence de bactéries dans les urines.

Quelle est l’explication de cette différence entre des résultats prometteurs et une réalité moins favorable ?

Peut être la difficulté d’absorber pendant de longues période des quantités suffisantes d’un jus au goût acide voire âcre, conduisant à de fréquents arrêts prématurés et donc réduisant l’effet préventif...
Quant aux autres type de préparations (gélules etc.), faute de dosage vraiment standardisé, on ne sait pas si la dose est réellement "efficace" et il est plus difficile de colliger les résultats d’études avec des produits différents et donc d’établir leur efficacité sur de grands nombres de cas.

En revanche, dans des situations particulières plus aiguës, où on doit prévenir un risque d’infection urinaire sur une période courte, le jus de cranberry semble pouvoir être efficace. Foxman B. et al. ont en effet publié en 2015 les résultats d’une étude randomisée contre placebo chez 160 femmes ayant eu une chirurgie gynécologique légère impliquant la pose d’une sonde urinaire (5). Le femmes prenaient 2 capsules de jus de cranberry 2 fois par jour pendant 6 semaines ou un placebo. Les résultats montrent que le nombre d’infections urinaires après la chirurgie est significativement moindre chez les femmes recevant le jus de cranberry (18% d’infections urinaires) que chez celles recevant le placebo (38 % d’infections urinaires, odds ratio, 0,38 ; IC95% IC95% L’intervalle de confiance à 95% (IC95%) est un intervalle de valeurs qui a 95% de chance de contenir la vraie valeur du paramètre estimé. Pour faire simple, si un résultat d’une étude donne le chiffre 4,5 (estimation ponctuelle) avec un IC95% = 1,3-9,6 on voit qu’en fait la "vraie" valeur se situe dans une fourchette très large puisque le résultat a statistiquement autant de chance d’être 1,3 que 9,6. ! La fourchette de valeurs de l’IC95% est donc ESSENTIELLE pour juger d’un résultat communiqué dans une étude. Par exemple, un risque relatif de 1,2 pourrait signifier un risque accru de 20%, mais si l’IC 95% est 0,9-1,3, alors 0,9 a autant de chance d’être la vraie valeur que 1,3 ! C’est une erreur TRES fréquente des journalistes, mais aussi parfois de certains scientifiques que d’oublier l’IC95% et de se tromper dans l’interprétation d’un résultat. 0,19-0,79 ; P = 0,008). Les auteurs concluent que le jus de cranberry réduit de moitié le risque d’infection urinaire chez les femmes ayant une chirurgie gynécologique légère avec cathétérisation urinaire.

Enfin, Maki KC et al (7) ont montré une efficacité significative du jus de canneberge chez des femmes (âge moyen 40,9 ans) qui avaient déclaré avoir eu une infection urinaire récente : les 185 femmes qui ont pris 240 mL de jus de cranberry tous les jours pendant 24 semaines (6 mois) ont eu significativement moins (environ 40% en moins) de récidives d’infection urinaire que les 188 femmes traitées par un placebo. Il est a noter que le placebo avait été concocté pour ressembler en tout point (aspect, couleur, odeur, goût, acidité) au jus de cranberry (reconstitué à base de concentré), cette ressemblance parfaite ayant même été démontré par une étude spécifique auprès de 167 femmes qui n’ont pas été capable de différencier les deux breuvages ! Autre point de cette étude : une bonne observance du traitement chez 98% des femmes dans cette étude, et 86 % des femmes sont allé jusqu’au bout des 6 mois de traitement. Les conditions de cette étude scientifique ont peut être favorisé l’excellent observance du traitement.

En conclusion : la canneberge (cranberry) ne semble pas avoir d’efficacité statistiquement significative pour prévenir durablement les infections urinaires chez toutes les personnes. Son jus n’est probablement pas adapté à une prise au long cours car de nombreuses personnes interrompent sa consommation. En revanche, chez certaines personnes à risque accru d’infection urinaire, des études démontrent une efficacité quand le jus est pris régulièrement.

Mise à jour : 01/08/2016


Niveau de certitude : ÉLEVÉ

Sources :

1. Jass J, Reid G. Effect of cranberry drink on bacterial adhesion in vitro and vaginal microbiota in healthy females. Can J Urol. 2009 Dec ;16(6):4901-7.

2. Di Martino P, Agniel R, David K, Templer C, Gaillard JL, Denys P, Botto H. Reduction of Escherichia coli adherence to uroepithelial bladder cells after consumption of cranberry juice : a double-blind randomized placebo-controlled cross-over trial. World J Urol. 2006 Feb ;24(1):21-7. Epub 2006 Jan 6.

3. Jepson RG, Craig JC. Cranberries for preventing urinary tract infections.
Cochrane Database Syst Rev. 2008 Jan 23 ;(1):CD001321. doi : 10.1002/14651858.CD001321.pub4. Review. Update in : Cochrane Database Syst Rev. 2012 ;10:CD001321.

4. Jepson RG, Williams G, Craig JC. Cranberries for preventing urinary tract infections. Cochrane Database Syst Rev. 2012 Oct 17 ;10:CD001321. doi : 10.1002/14651858.CD001321.pub5.

5. Foxman B, Cronenwett AE, Spino C, et al. Cranberry juice capsules and urinary tract infection after surgery : results of a randomized trial. Am J Obstet Gynecol. 2015 Aug ;213(2):194.e1-8. doi : 10.1016/j.ajog.2015.04.003. Epub 2015 Apr 13. (Original) PMID : 25882919.

6. Juthani-Mehta M, Van Ness PH, Bianco L, et al. Effect of cranberry capsules on bacteriuria plus pyuria among older women in nursing homes : A randomized clinical trial. JAMA. 2016.

7. Maki KC, Kaspar KL, Khoo C, et al. Consumption of a cranberry juice beverage lowered the number of clinical urinary tract infection episodes in women with a recent history of urinary tract infection. Am J Clin Nutr. 2016 ;103(6):1434-42. http://ajcn.nutrition.org/content/103/6/1434


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